L'OEIL DU VAGABOND - Zelda Bomba, street-artist rouge passion

Vous avez peut-être déjà vu ses oeuvres à Paris, Rome ou bien à Londres, Zelda Bomba, est une street-artist française qui habille nos murs de ses visages rouges, hommages à la pop culture. Elle a accepté de répondre à nos questions.



Comment as-tu débuté dans le street-art ? 

zelda bomba

C’est un long cheminement. Je me suis toujours intéressée à ce qui se faisait dans la rue, mais sans vraiment penser que je pourrais moi aussi y intervenir, d’autant plus que j’ai longtemps associé rue et bombes (je me sens beaucoup plus à l’aise avec des pinceaux). J’ai peint des murs quand j’habitais à Rome, j’ai participé au Upfest de Bristol, donc oui, c’était dans l’air mais jamais de manière aussi systématique que maintenant. Et puis l’idée a germé par hasard, face à des visages rouges que j’avais peint et que je pensais d’abord transformer en masques, l’idée de coller dans la rue s’est vraiment imposée, en réaction aussi à un travail d’atelier intensif qui avait besoin d’air et de nouvel élan. Je vis donc vraiment ce que je fais dans la rue comme un pan différent de mon travail de peinture, mais il est devenu très important (alors qu’au départ, il a été très spontané, je ne savais pas vraiment où cela me mènerait).

 

Quels sont ta vision et le message derrière Zelda Bomba ? 

 Pour moi, il s’agit plus d’expériences nouvelles et de positionnement par rapport à mon travail. Une peinture est différente si elle est destinée à être exposée en galerie ou à être collée dans la rue. Dans la rue, on peut croiser le regard de tout le monde, je pense que mes collages ont un caractère moins intime que mon travail d’atelier, ils se nourrissent de culture pop, parfois de messages, ils ont un code couleur qui est proche de celui des panneaux de circulation. Je n’ai pas de message particulier par contre je pense qu’il est de plus en plus important de réinvestir la rue, de toutes les manières que ce soit. De plus en plus, les rues ne sont que lieux de passage destinés au shopping et autres formes de consommation. Il faut pourtant se sentir concernés par ce qui se passe dans l’espace public, à tous les niveaux, et être présents.

 

Comment choisis-tu les endroits où tu exerces ? Une destination à l'étranger que tu aimerais tapisser de ton art ?

 

En général, je colle dans des endroits qui me sont familiers, mais aussi dans des lieux déjà investis par des artistes car j’aime quand les peintures, collages et autre s’accumulent et créent un ensemble. Il y a beaucoup d’endroits où j’aimerais coller, peut-être Berlin en premier, ou Barcelone…

 

zelda bomba

Quelle est ton oeuvre préférée et pourquoi ?

 

C’est difficile à dire car souvent une œuvre préférée est détrônée par une autre. Pour le moment, c’est peut-être une œuvre originale que j’ai collée à Shoreditch, à Londres, celle qui porte le message « Silence Is Consent ». La raison en est que je trouve que le message est en adéquation avec la réalisation graphique, le tout va dans le sens que je souhaitais ce qui n’est pas toujours évident. Je voulais donner à ce collage un sens légèrement anxiogène, politique et à mon avis, ça ne marche pas trop mal. 

zelda bomba

Quels sont tes projets pour les prochains mois ?

Au niveau street art, je pense développer justement plus de créations originales. Au début, c’était un peu tabou pour moi, je collais des reproductions de mes visages, aujourd’hui, j’ai envie de faire des choses plus grandes et surtout, d’accorder plus de place au message, de travailler l’adéquation entre écriture et image. J’ai aussi envie de nouveaux lieux. Tout ceci sans délaisser mon travail plus « traditionnel » de peinture.

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